Notre solution passant par une plateforme digitale, il allait falloir la développer. Mon associé et moi-même disposons de connaissances générales sur la programmation, mais celles-ci ne sont pas suffisantes pour réaliser notre projet.

Nous avions trois choix possibles qui s’offraient à nous :

  • Nous former.
  • Embaucher.
  • Prendre un freelance.

Après avoir échangé avec d’autres startuppeurs, nous sommes dissuadés de retenir la solution de l’embauche, mais au contraire incités à tester nos limites pour bien déterminer nos vrais besoins. La solution de freelances nous est aussi déconseillée : souvent les prix pratiqués sont exorbitants, et la prestation est à refaire dès qu’un autre freelance doit reprendre le travail du premier.

Nous décidons donc de nous former en interne.

L’autoformation au codage.

Nous former en interne pose alors la question de la méthode, de son coût et de son efficacité. Nous étions sédentarisés, avec peu de moyens, et il nous fallait quelque chose de disponible immédiatement.

Avec toutes ces contraintes, les formations en école étaient évidemment exclues. Il nous restait donc en choix les « boostcamps » ou les formations en ligne.  Les boostcamps sont des formations physiques où l’on propose en petit comité une formation ramassée en quelques jours de ce qui est censé être appris en plusieurs mois. La charge de travail y est énorme, une vingtaine d’heures par jours. Il n’y a que de la pratique, l’objectif étant d’être opérationnel à la sortie de la formation.

Les retours que nous avons de ces évènements sont étonnamment positifs. Cependant s’imposer des charges de travail aussi intenses, et laisser pendant une semaine toute notre vie de côté ne nous enthousiasme pas.

Nous décidons alors de retenir nous concentrer sur l’apprentissage du code.

Mon associé se lance sur des formations Open Classrooms. De mon côté, je me forme sur WordPress. Si notre montée en compétences s’effectue assez rapidement, apprendre les langages informatiques et générer un « code propre » s’avère une tâche nettement plus compliquée: pour réaliser un travail satisfaisant, nous arrivons à une estimation de 2 ans de travail, sans pour autant être au top de ce qui se pratique.

Nous décidons donc de continuer cette démarche, mais de manière moins intensive, afin qu’un des associés ait une connaissance générale plus avancée, pour pouvoir plus simplement piloter ce dossier.

La partie WordPress est beaucoup plus accessible : même si les tutos sont quasiment systématiquement obsolètes ou en langue anglaise, le système est suffisamment bien fait pour être intuitif avec très peu de codage en tant que tel pour un rendu professionnel. Seulement WordPress ne peut nous offrir une architecture suffisante pour réaliser une partie de nos besoins. Nous devons donc associer cette solution et en même temps trouver une autre solution pour la compléter .

Les freelances.

Nous décidons donc de tenter l’aventure freelance.

Mon associé a dans son réseau des développeurs. Il existe aussi des plateformes reconnues mettant en relation les entreprises et des développeurs indépendants en recherche de mission. Déléguer une partie du travail ne se fait pas en un coup de téléphone : il nous faut poser le squelette du site, en définissant l’ensemble des liens, les interactions, les requêtes, etc.

Mine de rien, ce travail est particulièrement chronophage, car il soulève invariablement la question de la technique, de ce que l’on peut faire en l’état des connaissances actuelles, et du coût des telles ou telles options.

Sur cette base, nous demandons des devis à de nombreux freelances et recevons nos premiers devis. Nous avons de tout : des gens qui nous disent « oui » à tout. Des gens qui nous disent que « c’est compliqué ». Des professeurs qui n’arrivent pas à ouvrir un fichier qu’un autodidacte lira parfaitement. Mais aussi des sommes très variées, des délais qui le sont tout autant.

Nous décidons de finalement retenir la solution de notre réseau, le lien de confiance existant. L’objectif semble être bien compris par tous. La somme est raisonnable. Les délais sont courts.

Malheureusement, si le travail a été effectué correctement, surtout niveau sécurité des données, nous rencontrons de vraies difficultés pour avoir des retours et un rendu. Cette expérience nous conduit à la conclusion que nous ne pouvons reposer un élément essentiel de notre développement à un tiers extérieur de l’entreprise, car nous perdons le contrôle de notre projet : nous devons trouver une solution interne.

Le recrutement.

Comment recruter quand on n’a pas d’argent et pour autant proposer à la personne qui arrive dans notre équipe des conditions de travail et de rémunérations enthousiasmantes ?

Nous nous interrogeons sur le fait de chercher un nouvel associé qui accepterait de nous rejoindre en cours, avec comme corollaire le fait de renoncer à toute rémunération en échange de ce travail. Si cette idée est belle sur le papier, s’associer c’est un peu comme se marier. À notre stade, nous n’avions pas de solutions évidentes. Cette hypothèse est donc rapidement évacuée.

Nous contactons donc différents organismes, notamment des entreprises d’aide à l’insertion d’handicapés. Mais les réponses trainent un peu, et il nous faut avancer.

Nous partons donc sur une hypothèse de stage en entreprise avec un accompagnement par le biais d’un freelance expérimenté. En effet, nous ne pouvons et ne devons pas attendre une prestation « premium » d’un stagiaire, et il est nécessaire que ce stage lui soit profitable.

Nous repartons à la recherche de freelances et de stagiaires. Et à force de chercher, nous trouvons enfin ce dont nous avions besoin : un stagiaire impliqué, compétent, et capable d’apporter un esprit critique au projet. Il ne pourra renforcer l’équipe que 2 jours par semaine, mais son implication nous permettra de reprendre notre marche en avant.

Nous découvrons par la même occasion la précarité du statut de stagiaire. Outre un taux horaire ridicule, la protection de ces étudiants nous semble moralement inacceptable. Nous sommes face à un choix : rationaliser nos coûts ou être conformes à nos valeurs.

Nous choisirons les valeurs. Nous paierons donc notre stagiaire nettement plus que ce qui est légalement prévu, et nous observerons que cet effort sera reconnu et largement compensé par l’application de ce nouveau coéquipier. Nous l’associons à l’ensemble des décisions de l’entreprise avec une vraie plus-value. Rapidement, ce dernier réussira à s’affranchir de son besoin de support du freelance.

Nous étions en décembre 2019. Nous étions 3 coéquipiers, et bientôt 4!

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Catégories : Incubation

Jean-Sébastien LEFEVRE

✅J'accompagne les entrepreneurs dans la mise en place de la meilleure protection sociale en fonction de leurs besoins 🚀

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