Alors que nous nous approchons de la fin du confinement, nombreuses sont les entreprises commençant à préparer le redémarrage de l’activité.
J’anticipais le 21 mars dans cet article, la fin du confinement courant mai. Nous y sommes.
J’indiquais que cela nous conduirait à un mois particulièrement haché par les jours fériés. L’analyse du trafic de notre site me laisse à penser que cela aura, en effet, un impact, même modéré.
Alors cette reprise ? Comment se profile-t-elle ? Je vous propose ici de renouveler mon exercice de prospective.

État des lieux.

La situation française.

La 11 mai devrait donc être le début de la fin du confinement. Les écoles seront ouvertes pour permettre aux parents de retourner travailler. Si cette décision pose de nombreuses questions, elle est clairement motivée par la situation dramatique de nombreuses entreprises.
La France est entrée en récession, car pendant 2 trimestres, la croissance du PIB a été négative. Cette information est importante à comprendre.
L’impact de l’effet du Covid 19 n’a réellement commencé à se faire sentir que mi-mars. Toute la France n’était pas arrêtée. Mais malgré tout, le PIB a reculé de 6 points, en 15 jours. Le problème est que cette épidémie arrive sur une économie déjà malade, puisque la croissance de la France au 4ème trimestre 2019 était déjà négative (-0,1%).
Aussi l’économie française ressemble à celle d’un blessé grave, recevant une nouvelle blessure grave.

L’Allemagne et l’Italie

La situation de l’Allemagne n’est pas meilleure, et celle de l’Italie est encore pire. Ainsi la note de la dette italienne a été dégradée. Elle est aujourd’hui considérée comme « spéculative ». En d’autres termes, les investisseurs considèrent que prêter de l’argent à l’Italie est dangereux. La BCE, en violation de ses statuts, rachète la dette italienne en faisant fi de cette évaluation, pour éviter une envolée des taux d’intérêts.

La bourse.

Le CAC 40 est passé de 6111 points à 3632, soit divisé par 2. Mais il s’est repris depuis pour passer à 4572 points.
Ce rebond des marchés financiers laisse penser à certain que le pire est derrière nous : L’épidémie est jugulée, et les français ont vu leur épargne augmenter pendant cette période, ce qui laisse espérer de belles dépenses lors de la sortie du confinement.
Pourtant celui qui est probablement le meilleur investisseur au monde, Waren BUFFET, se désengage des marchés financiers, malgré des pertes énormes. Cet individu a généré une croissance de ses actifs de 20% par an depuis des dizaines d’années, mais pour lui, le marché est trop dangereux, trop incertain.
Nous avons pu observer que de jeunes investisseurs ont ainsi perdu jusqu’à 5 fois leur mise en pariant sur la hausse du pétrole qui pourtant avait atteint des points bas incroyables…

 

Les GAFA et les startups.

On imaginait que les sociétés numériques allaient mieux s’en sortir. Google et Facebook ont en effet vu leurs revenus publicitaires augmenter sur le premier trimestre 2020. Mais Amazon voit ses résultats se dégrader malgré une hausse du chiffre d’affaires à cause des mesures barrières.

L’économie startup est fragilisée. Les aides de l’Etat se révèlent complètement à côté de la plaque. Ni la prime de 1500€, ni même le prêt garanti par l’état s’avère être un outil utilisable dans la plupart des cas. Quant ’aux plus grosses startups, les levées de fonds risquent d’être plus compliquées, même si certaines pourraient profiter de la crise pour tirer leur épingle du jeu.

Qu’en déduire de tout ça ?

Une économie perturbée…

A compter du 11 juin, la vente au détail dans les magasins restera sans doute encore compliquée, notamment du fait des mesures barrières » et de la peur du virus. Si tel est le cas, l’afflux d’épargne ne sera pas dépensé, et de nombreuses entreprises feront faillites. Qui dit faillite, dit chômage. Qui dit chômage, dit moins de consommation…
Il est cependant probable que la population ne veuille pas rester dans cet état d’esprit négatif. Le soleil aidant, les gens vont sans doute vouloir oublier et passer à autre chose. Il y aura bien des situations de rechute, ici et là, mais elles seront probablement de mieux en mieux gérées, et elles ne perturberont plus autant les habitudes.
Aussi le scénario le plus probable, selon moi ,est une reprise de la consommation significative dictée par le désir de se faire plaisir. Dès le début juillet, les restaurants auront sans doute de beaux taux de remplissage.

A l’aube de grands bouleversements.

Malheureusement, je crains que cette euphorie ne soit que de cours terme et que la crise sanitaire se transforme en crise social, économique, politique et environnementale très violente à compter de septembre.

Pourquoi cette date ?

Tout d’abord, l’état des lieux commencera à être réalisée. On constatera l’étendu des dégâts. De nombreuses entreprises compteront sur la période de mai à août pour se refaire une santé, mais malgré ce que j’ai dis plus haut, la consommation restera sans doute en deçà que ce qu’elle était avant.
De plus les dépenses liées au tourisme seront probablement en baisse de manière significative. Or le tourisme représente 7% du PIB français. De nombreux évènements sont d’ores et déjà annulés et c’est à chaque fois autant de freins au redémarrage de l’activité.
Si on ajoute la question internationale, la crise du Covid est différée dans le temps suivant les régions du monde. Ainsi, celle-ci aura pour effet de réduire les échanges internationaux plus longtemps. Si on ajoute la période des élections américaines et le conflit USA/Chine sur l’origine du virus, et les tensions liées au pétrole, risquant de ruiner de nombreuses banques américaines, on constate que les fondamentaux sont particulièrement mauvais.
Et je n’ai pas parlé de la question de l’endettement des états et des entreprises qui explose, ou du bilan des banques qui se dégradent.

En conclusion

Nous sommes dans une crise mondiale qui va sans doute durer des années. Nous venions juste de commencer à sortir de la crise de 2008. Cette crise est plus grave. Elle est plus violente. Elle arrive sur une économie particulièrement fragilisée.
Il y aura derrière de nombreuses luttes pour dessiner le nouveau système.

La Chine a, par exemple, largement inséminé ses agents d’influence pour expliquer les mérites de son système, quitte à oublier l’aide qu’elle a reçu, en communiquant largement sur l’aide qu’elle a apportée ou en améliorant (probablement) largement l’efficacité de sa gestion.
Le Medef pousse à travailler plus et à oublier les mesures écologiques. Les écologistes veulent profiter de cette période de bouleversements qui s’annonce pour nous conduire à modifier totalement notre modèle économique.
Les souverainistes constatent que la mondialisation nous a rendu dépendant sur de nombreux domaines, notamment sur la production de médicaments et veulent relocaliser pour créer de l’emploi.
La solidarité européenne, si elle a existé, est largement remise en cause, notamment avec le détournement, pour ne pas dire le vol par des états européens, de commandes sanitaires. On aura ainsi pu voir circuler des vidéos d’italiens bruler le drapeau européen sur fond de leur hymne national.

Irons-nous vers un monde plus responsable de notre environnement, plus démocratique, plus égalitaire, ou au contraire vers des systèmes totalitaires ou la technologie sera à même de mieux contrôler l’individu à la Orwell ?
Bien malin celui qui arrivera à le dire.

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Catégories : Incubation

Jean-Sébastien LEFEVRE

✅J'accompagne les entrepreneurs dans la mise en place de la meilleure protection sociale en fonction de leurs besoins 🚀

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